Un projet immobilier correspond à la création d’un cadre de vie. Comment donner à ce cadre de vie la qualité essentielle qui - au delà de la technique et par delà l’esthétique - est de savoir engendrer le plaisir d’y vivre ?
  Nos réalisations

Panthéon

Au coeur du quartier latin, derrière un superbe porche de pierre, un ilôt de silence entre vieilles pierres et folle végétation, au long des ruelles qui s’entrecroisent.

Dans cet univers protégé, au milieu de hautes bâtisses en pierre, deux constructions plus petites datant probablement du 19e siècle mais aujourd’hui à l’abandon, devant lesquels un couple d’américains s’interrogent, séduits par le charme mélancolique de ce paysage bien français.

Et l’imagination s’envole, et le discours s’enflamme, et la magie de l’endroit exerce sa séduction... mais est-ce bien raisonnable ?

J’apprendrai plus tard que ce projet avait réussi à faire l’unanimité contre lui de tous les notaires sollicités par leurs clients intéressés... et pour cause !

Mais revenons à cette après-midi de septembre, où nous décidons de commencer à débroussailler le terrain : 120m² au sol, et 5m de hauteur sous la verrière.

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La lumière zénithale compense le faible éclairement de la ligne horizontale de fenêtres barreaudées, qui coupe tristement la façade de cet entrepôt désaffecté depuis plus de 20 ans.

De cette situation apparaissent un certain nombre de difficultés : obtenir un changement de destination entre la vocation artisanale actuelle et notre objectif d’en faire un lieu d’habitation privé. Ce qui, compte tenu en outre de la covisibilité du bâtiment avec un ouvrage classé, implique :

- un permis de construire délivré par les services de l’Urbanisme, ce qui implique auparavant :

- l’accord des Bâtiments de France sur un projet précis, ce qui implique auparavant :

- l’accord préalable de la copropriété sur un projet de principe, ce qui implique auparavant :

- l’avis favorable de la commission administrative qui statue en fonction des réglements et autres dispositions encadrant tout projet dans un secteur géographique donné... !

Sans entrer dans le dédale précis des multiples aller-retour entre tous les services et instances diverses concernés, il suffit de dire qu’il nous faudra toute une année, et surtout une bonne dose d’obstination, pour obtenir :

- non seulement notre permis de construire

- mais également un permis de démolir... beaucoup plus contraignant.

Et c’est finalement en ce jour ensoleillé de juin que nous pouvons enfin accrocher nos autorisations après toutes ces multiples difficultés qui avaient fait reculer plus d’un candidat potentiel.

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Le Projet.

Les options d’aménagement sont simples :

- façades "petit fer" : vitrages verticaux encastrés dans des structures métalliques rappelant les ateliers d’autrefois, et que les Bâtiments de France ont voulu remettre à l’honneur.

- accès transféré sur la grande façade, pour ouvrir les lieux sur l’ampleur du volume.

- pan coupé vitré (contrairement aux dispositions arrêtées par les Batiments de France, ce qui nous vaudra un permis modificatif).

Et la machine se met en route.

Affouillement du sol pour
consolider les fondations.
- coulage des longrines (poutres en béton) périmétriques pour soutenir les nouvelles façades.

- préparation des réseaux pour le passage des fluides dans le sol.

Et la dalle de fond est coulée à Pâques pour permettre la mise en route des travaux "aériens" au retour des vacances.


- sablage des murs en pierres sèches et décapage de la structure métallique composée des colonnettes et autres tirants maintenant la toiture.

- dépose des façades puis des chassis ouvrant... le bâtiment ne tient plus que sur ces merveilleuses petites colonnettes sans lesquelles le projet n’aurait pu aboutir.

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- Les nouvelles façades métalliques vert wagon sont posées en mai, avec tous leurs accessoires, utilitaires ou décoratifs.

- Vient le tour du vitrage, mais là quelques hésitations : avec un film réfléchissant, nous serons dans un bocal, sans film nous n’aurons pas d’intimité... alors nous optons pour la bonne vieille méthode : des brise-bise très sobres, qui nous isolent de l’extérieur en préservant la vue sur les vieilles pierres du séminaire médiéval qui nous fait face.


- Reste encore à rénover le vitrage de la verrière, et à effectuer la révision de la toiture en zinc pour être "clos et couvert".

Nous pouvons alors finir l’installation de la dalle chauffante et les cloisonnements intérieurs avant de commencer la décoration.

Les sols

Les 70m² de sol du séjour seront parquetés. Nous avons choisi de l’iroko pour sa lumière et sa résistance au poinçonnement. Encore faut-il choisir la pose ;

70m², c’est une belle surface. Elle nous accueillera au quotidien dans ses différentes fonctions : salon, bureau, coin repas... pourquoi ne pas recréer au sol cette fonctionnalité diversifiée : un peu de wenge pur tracer l’entrée, et le dessin du bois s’ouvre en éventail pour répartir l’espace.

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Dans la cuisine, le calepinage des dalles d’ardoise déroule son puzzle jusqu’au bar.

Dans la salle de bains, les cabochons céramisés dans une symphonie de bleus décorent les grandes dalles murales encadrant le mobilier blanc laqué d’Italie.

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Le mobilier

Pour aménager chaque pièce, nous nous faisons plaisir en jouant sur la multiplicité des essences de bois venus de divers coins du monde :


- le bouleau venu de Norvège avec son décor pointilliste sur son ramage moiré, ornera la chambre principale ;

- le platane aux mille pétales dorés couvrira le dressing dans son cadre de palissandre.

- mais surtout, venu du Brésil, le bois de "louro faia" offre son décor alvéolé à tout le mobilier du séjour et de la cuisine, chef d’oeuvre du menuisier qui a réussi à nous créer, tout en rondeur, un bar absolument fonctionnel auquel fait face l’immense marguerite qui déroule les pétales arrondis de ses différentes façades sur les 4m de hauteur du meuble d’angle.

Reste encore à parfaire la lumière dont l’intensité se développe depuis l’intimité des spots qui lèchent le bois des stores, se poursuit avec les lignes de fluos pour s’épanouir avec l’éclat des halogènes qu’accentue encore la blancheur de la sous-face de toiture.
Il ne reste plus qu’à installer la baigneuse qui, dans sa structure de glace, va venir animer la perspective du couloir.

Ainsi ont abouti trois années de rêves et d’efforts pour rassembler dans un même espace le passé et le présent, le calme et la lumière dans la trépidence du coeur de Paris.

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